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  • Lionel Angibaud

Dogmatisme ergonomique et syndrome du chocolat au lait.



J’aime le chocolat au lait avec des noisettes, ça me rappel mon enfance, c’est un peu écœurant si l’on en mange trop mais j’aime ça. Un ami spécialiste et connaisseur m’assure que ce n’est pas du bon chocolat. Le bon chocolat serait selon lui noir, à 70% au minimum et de grand cru. Il a sans doute raison mais moi je préfère le chocolat au lait avec des noisettes.

Qui a raison ?

Nous pouvons transposer cet exemple à la pratique du conseil ergonomique. Un salarié mal installé à son poste ou un salarié qui ne pratique pas l’hygiène posturale lors du port d’une charge doit-il accepter, respecter des préconisations ergonomiques normatives qui ne lui correspondent peut-être pas ?

« Non merci, tout va bien, je suis confortablement installé comme cela, je ne ressens pas de douleurs, je suis bien. »

Sous-jacent cette réflexion : « j’aime le chocolat au lait, toi tu me proposes du chocolat noir, c’est ton avis, pas le mien. »

Quelle réponse apportée ?

Trop longtemps, le dogme a prévalu sur la compréhension du terrain et de l’individu. Le salarié, en adulte responsable, fait des choix qu’il doit assumer. Il n’en est pas moins important de lui fournir l’information nécessaire à sa pleine compréhension de la situation, qu’il puisse agir en conscience, en connaissance de cause.

Ainsi, le conseil ergonomique doit apporter une valeur pronostique au comportement du salarié, sans jugement ni verticalité, et donner un sens à la préconisation, un lien qui concrétise l’intérêt du changement.

« Le problème avec le chocolat au lait, c’est que c’est extrêmement sucré, ce qui crée cet écœurement que tu ressens. Manger trop sucré, tu le sais, n’est pas très bon à long terme ».

« Cette posture que tu adoptes est mauvaise pour ton dos, c’est sans doute l’origine de tes douleurs du dos d’ailleurs que tu ressens parfois ».

Continuons à manger le chocolat au lait, mais en pleine conscience de l’impact potentiellement nocif de celui-ci sur la santé, au même titre que la mauvaise posture.

Idée originale du syndrome du chocolat : Gabor Sagi (Institut McKenzie France)

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